Retraite progressive des fonctionnaires : conditions, calcul et démarches en 2026

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Retraite progressive des fonctionnaires : conditions, calcul et démarches en 2026
Mis à jour le : 28 octobre 2026
Temps de lecture : 19 minutes
Résumé de l'article

La retraite progressive permet à un fonctionnaire de travailler à temps partiel tout en percevant une fraction de sa pension. Elle est ouverte aux trois versants de la fonction publique depuis le 1er septembre 2023 (loi n° 2023-270 du 14 avril 2023) et accessible dès 60 ans, quelle que soit l’année de naissance, depuis le 1er septembre 2025 (décret n° 2025-681 et décret n° 2025-680 du 15 juillet 2025).
Trois conditions s’appliquent : avoir 60 ans, totaliser 150 trimestres tous régimes et exercer à titre exclusif un temps partiel compris entre 50 % et 90 % d’un temps complet (Service-Public). La pension partielle est égale à la quotité non travaillée : à 60 %, l’agent perçoit 40 % de sa pension (Service-Public).
La demande se dépose au moins 6 mois avant la date d’effet, auprès du SRE sur l’ENSAP pour l’État, ou de l’employeur qui la transmet à la CNRACL pour les versants territorial et hospitalier (FAQ DGAFP). L’employeur peut refuser le temps partiel, et un retour à temps plein met fin au dispositif de façon définitive.
En 2025, le Service des retraites de l’État a attribué 6 597 nouvelles pensions de retraite progressive à des fonctionnaires civils (SRE).

À 60 ans, beaucoup d’agents publics hésitent entre deux options qui ne leur conviennent pas : continuer à temps plein jusqu’à l’âge légal, ou tout arrêter d’un coup. La retraite progressive des fonctionnaires ouvre une troisième voie. Vous réduisez votre temps de travail et vous recevez, en plus de votre traitement à temps partiel, une partie de votre pension.

Les règles ont bougé depuis 2023. L’âge d’accès est descendu à 60 ans, les démarches sont désormais dématérialisées dans les deux caisses de fonctionnaires, et la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a modifié l’âge légal de plusieurs générations. Ce guide reprend chaque point avec le texte ou la caisse qui le fixe : conditions, calcul de la pension partielle, démarches auprès du Service des retraites de l’État (SRE) et de la CNRACL, puis effets sur la retraite définitive. Il complète notre rubrique Préparer ma retraite.

Qu’est-ce que la retraite progressive dans la fonction publique ?

Définition

Retraite progressive : dispositif qui permet à un fonctionnaire de travailler à temps partiel en fin de carrière tout en percevant une fraction de sa pension de retraite. Pendant cette période, il continue de cotiser, et sa retraite définitive est recalculée en tenant compte des services accomplis (Service-Public).

La loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 a ouvert le dispositif aux fonctionnaires des trois versants (État, territoriale, hospitalière) et aux magistrats à compter du 1er septembre 2023 (fonction-publique.gouv.fr). Les agents contractuels, affiliés au régime général, y avaient déjà accès avant cette réforme (FAQ DGAFP, question 1).

Les règles figurent aux articles L89 bis et L89 ter du Code des pensions civiles et militaires de retraite et, pour les fonctionnaires affiliés à la CNRACL, aux articles 49 bis à 49 sexies du décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 (Service-Public).

Ce qui a changé depuis l’ouverture du dispositif

PointRègle antérieureRègle en vigueur (octobre 2026)Source
Âge d’accès2 ans avant l’âge légal, soit 60 à 62 ans selon l’année de naissance60 ans pour tous, depuis le 1er septembre 2025SRE, Service-Public
Durée d’assurance150 trimestres tous régimesInchangée : 150 trimestresService-Public
Quotité de temps partiel50 % à 90 %Inchangée : 50 % à 90 %FAQ DGAFP
Âge légal des fonctionnaires sédentaires nés de 1964 à 196863 ans à 64 ans selon l’année de naissance62 ans et 9 mois à 63 ans et 9 mois pour les pensions prenant effet depuis le 1er septembre 2026SRE

Combien de fonctionnaires y ont recours ?

Les statistiques publiées en août 2026 par le Service des retraites de l’État montrent une montée en charge chez les fonctionnaires civils de l’État : 1 518 nouvelles pensions de retraite progressive sur les quatre derniers mois de 2023, 5 276 en 2024 et 6 597 en 2025 (SRE).

Au 31 décembre 2025, 9 846 pensions de retraite progressive étaient en cours de versement, dont 65,17 % à des femmes (même source). Le domaine administratif « Éducation » concentre 4 034 des 6 597 nouvelles pensions de 2025, et l’âge moyen d’entrée dans le dispositif était de 61,91 ans cette année-là (même source).

Quelles sont les conditions pour bénéficier de la retraite progressive ?

Les trois conditions cumulatives

  1. Avoir au moins 60 ans. Depuis le 1er septembre 2025, l’âge est le même pour toutes les générations (décret n° 2025-681 pour le régime de l’État, décret n° 2025-680 pour la CNRACL).
  2. Justifier de 150 trimestres de durée d’assurance et de périodes reconnues équivalentes, auprès d’une ou plusieurs caisses de retraite de base (Service-Public).
  3. Exercer à temps partiel, entre 50 % et 90 % d’un temps complet, à titre exclusif. Aucune autre activité professionnelle ne doit s’ajouter à l’emploi public (Service-Public).

Pour percevoir une pension partielle de la CNRACL, le fonctionnaire doit aussi avoir acquis un droit auprès du régime, c’est-à-dire réunir deux années de services civils et militaires effectifs (FAQ CNRACL). Au régime de l’État, le droit à pension suppose de même au moins deux ans de services civils ou militaires (SRE).

À retenir

La condition d’âge est identique pour les fonctionnaires sédentaires, actifs et super-actifs. Un agent de catégorie active qui peut partir en retraite à 57 ans doit malgré tout attendre 60 ans pour entrer en retraite progressive (FAQ DGAFP, question 3).

Quels temps partiels ouvrent droit au dispositif ?

La retraite progressive ne crée pas de temps partiel spécifique : elle s’appuie sur le temps partiel de droit commun de la fonction publique (FAQ CNRACL). Dans la fonction publique de l’État, les quotités possibles sont les suivantes (Service-Public) :

  • Temps partiel sur autorisation (convenances personnelles) : 50 %, 60 %, 70 %, 80 % ou 90 %, accordé si les nécessités du service le permettent.
  • Temps partiel de droit (enfant de moins de 3 ans, soins à un proche) : 50 %, 60 %, 70 % ou 80 %, sans refus possible de l’administration.
  • Temps partiel thérapeutique : il n’ouvre pas droit à la retraite progressive (FAQ DGAFP, question 5).

Si vous êtes déjà à temps partiel, vous pouvez demander la retraite progressive à tout moment, sans réduire davantage votre quotité ni solliciter une nouvelle autorisation (FAQ CNRACL).

Temps non complet et temps incomplet

Le fonctionnaire qui occupe un emploi à temps non complet ou à temps incomplet n’a pas besoin de passer à temps partiel. S’il cumule plusieurs emplois à temps non complet, sa durée totale de travail ne doit pas dépasser 90 % d’un temps complet (FAQ DGAFP, question 4).

Dans la fonction publique territoriale, un fonctionnaire à temps non complet qui travaille moins de 28 heures par semaine est affilié au régime général et cotise à l’Ircantec. Il relève alors des règles de retraite progressive du régime général (FAQ CNRACL).

Qui ne peut pas en bénéficier ?

  • Les militaires, dont le régime de temps de travail ne prévoit pas de temps partiel (FAQ DGAFP, question 2).
  • L’agent qui exerce une autre activité professionnelle, y compris une activité accessoire. La CNRACL admet certaines activités dites libres : bénévolat, revenus de droits d’auteur, activité artistique, contrat de vendanges, mandat électoral (FAQ CNRACL).
  • L’agent à temps partiel thérapeutique (Service-Public).
  • L’agent qui ne réunit pas 150 trimestres, même s’il a atteint 60 ans (Service-Public).

Le cas des agents contractuels

Un agent contractuel relève du régime général de la sécurité sociale et de l’Ircantec. Les conditions de sa retraite progressive sont celles des salariés du secteur privé, mais les modalités de temps partiel restent celles de la fonction publique (Service-Public).

Côté régime général, la durée de travail doit être comprise entre 40 % et 80 % d’un temps complet (Service-Public). Un contractuel de la fonction publique ne peut pas surcotiser pour faire compter son temps partiel comme un temps plein (Service-Public).

Comment demander sa retraite progressive ?

Fonctionnaire de l’État : la demande au SRE sur l’ENSAP

  1. Vérifier ses trimestres sur info-retraite.fr. Le simulateur M@rel permet aussi d’estimer la pension partielle (SRE).
  2. Demander le temps partiel à son employeur, si vous êtes à temps plein. Pour un versement à la date souhaitée, l’autorisation doit être obtenue au moins 4 mois avant la date d’effet, et donc sollicitée au moins 2 mois plus tôt. Le silence gardé pendant 2 mois vaut rejet (FAQ DGAFP, question 7).
  3. Déposer la demande avec le service « Demander ma retraite progressive » de l’ENSAP, au moins 6 mois avant la date d’effet souhaitée. Cette date doit être le 1er jour d’un mois (SRE). Sans accès en ligne, le formulaire cerfa n° 16315 reste disponible.
  4. Faire une demande séparée pour les autres régimes si vous avez travaillé dans le privé ou comme contractuel. La demande unique déposée sur info-retraite.fr n’est pas transmise au SRE (Service-Public).

Le délai d’instruction annoncé par le SRE est de six mois (SRE). Vous êtes informé de l’attribution 30 jours avant la date de départ souhaitée, et le versement débute un mois après cette information (Service-Public).

Pour les enseignants de l’Éducation nationale, la demande de temps partiel doit être présentée avant le 31 mars précédant l’année scolaire concernée (Service-Public). Pour un enseignant à temps plein, cette échéance s’ajoute à celles de la demande de retraite progressive.

Fonctionnaire territorial ou hospitalier : la demande via l’employeur et la CNRACL

La demande de retraite progressive, accompagnée le cas échéant de la demande de temps partiel, est adressée à l’employeur au moins 6 mois avant la date d’effet souhaitée. L’employeur constitue le dossier sur la plateforme PEP’s et le transmet à la CNRACL avec l’autorisation de temps partiel (FAQ CNRACL).

La date d’effet ne peut pas précéder la date d’enregistrement de la demande et doit être fixée, de préférence, au 1er jour d’un mois. La pension partielle est mise en paiement dans le mois qui suit la notification de sa concession (même source).

Si vous avez cotisé à plusieurs régimes, le dernier régime d’affiliation instruit la demande unique. Il communique aux autres régimes le taux de retraite progressive, qui doit être identique partout (même source).

L’employeur peut-il refuser la retraite progressive ?

Pas en tant que telle. L’employeur ne se prononce pas sur la retraite progressive, mais il peut refuser l’autorisation de temps partiel dans les conditions de droit commun. Ce refus ferme de fait l’accès au dispositif (FAQ DGAFP, question 9).

Pour un temps partiel sur autorisation, le refus doit être précédé d’un entretien et motivé (Service-Public). Le temps partiel de droit, lui, ne peut pas être refusé (même source).

Situation inverse : la caisse refuse la retraite progressive, par exemple faute de trimestres, alors que le temps partiel est déjà accordé. L’agent peut alors demander le retrait de l’autorisation de temps partiel (FAQ DGAFP, question 11).

Le calendrier à respecter

ÉchéanceDémarcheSource
Au moins 6 mois avant la date d’effetDemande de retraite progressive (ENSAP ou employeur) et, en parallèle, demande de temps partielFAQ DGAFP
Au moins 4 mois avant la date d’effetAutorisation de temps partiel obtenue de l’employeurFAQ DGAFP
30 jours avant la date d’effetInformation de l’attribution par le SREService-Public
1er jour du mois choisiDébut de la retraite progressiveSRE
Un mois après l’informationPremier versement de la pension partielleService-Public

En cas de demande tardive, la pension partielle peut être versée après la date d’effet souhaitée, avec un rattrapage (FAQ DGAFP, question 10).

Comment est calculée la pension partielle d’un fonctionnaire ?

La règle de calcul

La caisse calcule d’abord la pension à laquelle vous auriez droit si vous cessiez définitivement vos fonctions à la date d’effet. Elle vous verse ensuite la fraction qui correspond à la quotité non travaillée, soit 100 % moins votre quotité de temps partiel (FAQ DGAFP, question 13).

Votre rémunération d’activité est, elle, proratisée selon les règles du temps partiel (FAQ CNRACL). Dans la fonction publique de l’État, les quotités de 80 % et 90 % sont rémunérées aux 6/7 et aux 32/35 du temps plein (Service-Public).

Quotité travailléeRémunération verséeFraction de pension versée
50 %50 %50 %
60 %60 %40 %
70 %70 %30 %
80 %6/7, soit environ 85,7 %20 %
90 %32/35, soit environ 91,4 %10 %

Sources : Service-Public, temps partiel du fonctionnaire pour la rémunération ; Service-Public, retraite progressive de l’agent public pour la fraction de pension.

Décote, surcote et accessoires de pension

Tous les éléments pris en compte dans une pension classique s’appliquent à la pension partielle, dès lors que leurs conditions sont remplies : décote, surcote, minimum garanti et accessoires de pension proratisés (SRE).

Pour les affiliés de la CNRACL, la pension partielle intègre au prorata la majoration pour enfants, la majoration pour handicap ou encore le supplément de pension au titre de la NBI. L’allocation temporaire d’invalidité continue d’être versée pendant la retraite progressive (FAQ CNRACL).

Un point mérite attention avant de se lancer à 60 ans : si vous n’avez pas la durée d’assurance requise à la date d’effet, la décote s’applique à la pension partielle, dans les mêmes conditions qu’un départ définitif (même source).

Exemple de calcul (montants bruts théoriques)

Une fonctionnaire de l’État dont la pension calculée à la date d’effet s’élève à 2 000 € bruts par mois choisit un temps partiel à 80 %.

  • Pension partielle : 2 000 € × 20 % = 400 € bruts par mois.
  • Rémunération d’activité : 6/7 de sa rémunération à temps plein, soit environ 85,7 %.

Un an plus tard, elle passe à 60 %. Sa fraction de pension passe à 40 %, soit 800 € bruts, sans nouveau calcul de ses droits (SRE).

Exemple fondé sur les règles de calcul officielles, hors prélèvements sociaux et impôt sur le revenu.

Les montants observés par le SRE

Pour les nouvelles pensions de retraite progressive attribuées en 2025 aux fonctionnaires civils de l’État, le montant mensuel brut moyen s’élevait à 714 €, et la moitié des pensions étaient inférieures à 562 € (SRE).

La même année, 43,96 % des bénéficiaires percevaient une pension correspondant à une quotité non travaillée de 20 % à 29 % (même source). Les montants publiés sont bruts. Les pensions supportent ensuite les prélèvements sociaux appliqués aux pensions de retraite.

Que se passe-t-il pendant la retraite progressive ?

Modifier sa quotité de travail

Vous pouvez augmenter ou diminuer votre quotité en cours de route, dans les conditions du temps partiel de droit commun, à condition de ne pas revenir à temps plein (FAQ DGAFP, questions 14 et 15). Le montant de la pension est révisé à partir du 1er jour du mois suivant le changement (Service-Public).

Seul le coefficient évolue. La modulation ne donne lieu ni à un nouveau calcul des droits incluant les services accomplis pendant la retraite progressive, ni à un nouveau titre de pension (SRE).

Suspension et congés de maladie

Le versement est suspendu si vous ne remplissez plus les conditions, par exemple pendant une disponibilité (Service-Public) ou un congé qui suspend le temps partiel, comme un congé de maternité, de paternité ou d’adoption (FAQ CNRACL).

En congé de maladie ordinaire, de longue maladie ou de longue durée, le fonctionnaire reste à temps partiel pour la durée restante de son autorisation. La pension partielle est maintenue, y compris lorsque son niveau de prise en charge diminue (même source).

Point de vigilance

À l’expiration de l’autorisation de temps partiel, il faut en demander le renouvellement. Sans nouvelle autorisation, l’agent est réputé reprendre à temps plein et perd définitivement la retraite progressive, même pendant un congé de maladie (FAQ CNRACL).

Retour à temps plein : une sortie sans retour

La reprise d’une activité à temps plein met fin définitivement au dispositif. La pension partielle cesse le 1er jour du mois suivant, et vous ne pourrez plus en bénéficier, même avec un nouveau temps partiel (Service-Public). Le dispositif n’est mobilisable qu’une fois (FAQ CNRACL).

Aucune durée maximale

La retraite progressive n’est pas limitée dans le temps. Elle peut se poursuivre jusqu’à la limite d’âge, voire au-delà en cas de prolongation d’activité ou de maintien en fonctions (FAQ DGAFP, questions 19 à 21). Atteindre la durée requise pour le taux plein ne fait pas sortir du dispositif (FAQ CNRACL).

Retraite définitive : comment la période est-elle prise en compte ?

La retraite définitive se demande selon les mêmes démarches qu’un départ classique (SRE). La pension complète remplace alors la fraction versée jusque-là (Service-Public).

  • Durée d’assurance : les trimestres accomplis à temps partiel comptent comme des trimestres à temps plein. Pour la durée de services, ils comptent au prorata de la quotité travaillée (Service-Public).
  • Surcote : les périodes accomplies en retraite progressive sont prises en compte pour la surcote, quelle que soit la quotité (FAQ DGAFP, question 24).
  • Indice : la pension est calculée sur le traitement indiciaire détenu depuis au moins six mois à la cessation de fonctions. Une promotion obtenue pendant la retraite progressive est donc prise en compte (même source, question 22).
  • Montant plancher : la pension définitive ne peut pas être inférieure à la pension provisoire calculée à l’entrée dans le dispositif (Service-Public).
  • Retraite additionnelle (RAFP) : sa prestation n’est servie qu’à l’âge d’ouverture des droits, après admission à la retraite définitive (fonction-publique.gouv.fr).

Une fois à la retraite définitive, une reprise d’activité relève des règles du cumul emploi-retraite (Service-Public). Notre article sur les plafonds du cumul emploi-retraite revient sur ce dispositif.

Surcotiser pour compter le temps partiel comme du temps plein

Le fonctionnaire peut surcotiser pour que sa période à temps partiel compte comme du temps plein dans la durée de services, dans la limite de quatre trimestres sur l’ensemble de la carrière (SRE). À la CNRACL, cette option n’est pas ouverte pendant un temps partiel de droit pour élever un enfant né à compter du 1er janvier 2004 (FAQ CNRACL).

Pour la fonction publique de l’État, la durée maximale de surcotisation et le taux applicable dépendent de la quotité (Service-Public) :

QuotitéDurée maximale de surcotisationTaux de cotisation retraite avec surcotisation
50 %2 ans25,05 %
60 %2 ans et 6 mois22,26 %
70 %3 ans et 4 mois19,47 %
80 %5 ans16,68 %
90 %10 ans13,89 %

Le taux de cotisation retraite normal est de 11,10 % (même source).

Âge légal en 2026 : l’effet de la suspension de la réforme

La retraite progressive reste accessible dès 60 ans. L’âge légal détermine, lui, à partir de quand vous pourrez demander votre pension complète sans motif de départ anticipé. La loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 a suspendu jusqu’en 2028 le relèvement de l’âge légal prévu par la réforme de 2023 (Service-Public).

Pour les fonctionnaires de l’État de catégorie sédentaire, le SRE publie les âges suivants (SRE) :

Année de naissancePension prenant effet avant le 1er septembre 2026Pension prenant effet à compter du 1er septembre 2026
196362 ans et 9 mois62 ans et 9 mois
196463 ans62 ans et 9 mois
1965 (1er janvier au 31 mars)63 ans et 3 mois62 ans et 9 mois
1965 (1er avril au 31 décembre)63 ans et 3 mois63 ans
196663 ans et 6 mois63 ans et 3 mois
196763 ans et 9 mois63 ans et 6 mois
196864 ans63 ans et 9 mois
1969 et après64 ans64 ans

Le décalage de l’âge d’ouverture des droits a aussi été transposé pour les fonctionnaires affiliés à la CNRACL, par les décrets n° 2026-344 et n° 2026-345 du 7 mai 2026 (réponse ministérielle publiée au JO du 30 juin 2026). Pour une vue d’ensemble des mesures de 2023, consultez notre page sur les principales mesures de la réforme des retraites.

Retraite progressive : avantages et points de vigilance

Ce que le dispositif apporteCe qu’il faut surveiller
Un revenu composé du traitement à temps partiel et d’une fraction de pension (Service-Public)Le temps partiel sur autorisation peut être refusé pour nécessités de service (FAQ DGAFP)
Des trimestres comptés comme du temps plein dans la durée d’assurance (Service-Public)Un retour à temps plein met fin au dispositif sans possibilité d’y revenir (Service-Public)
Une pension définitive au moins égale à la pension provisoire (Service-Public)La décote s’applique si la durée d’assurance requise n’est pas atteinte (FAQ CNRACL)
Une promotion indiciaire prise en compte à la liquidation définitive (FAQ DGAFP)Les activités accessoires doivent cesser (FAQ DGAFP)
Aucune durée maximale, jusqu’à la limite d’âge (FAQ DGAFP)Sans surcotisation, la durée de services est retenue au prorata de la quotité (FAQ CNRACL)

Préparer sa retraite progressive avec A3S Courtage

A3S Courtage est un cabinet de courtage en assurances installé au 30 boulevard Gambetta à Aigues-Mortes, dans le Gard, et immatriculé à l’ORIAS sous le numéro 13005490 (nos agréments). Ses compétences couvrent la retraite, la prévoyance et la santé, individuelle ou collective (qui sommes-nous), pour des particuliers comme pour des professionnels.

Pour un agent public qui envisage la retraite progressive, deux prestations du cabinet sont directement utiles (audit de protection sociale) :

  • Le bilan de protection sociale, qui fait l’état des lieux de la couverture prévoyance et estime le montant de la future retraite, avec les droits acquis et les besoins en cas d’arrêt de travail, d’invalidité, de décès ou de départ.
  • La reconstitution de carrière auprès des différents organismes, pour préparer la liquidation des droits à la retraite. Elle est utile lorsque la carrière s’est déroulée dans plusieurs régimes, ce qui impose des demandes séparées.

Avant de déposer votre demande, plusieurs points méritent un échange avec un conseiller :

  • le revenu total pendant la période, à simuler selon la quotité envisagée ;
  • les demandes à déposer auprès de chaque régime si votre carrière est mixte ;
  • le complément de revenus envisagé pour la retraite définitive, par exemple avec un plan d’épargne retraite individuel ou une assurance vie ;
  • la manière dont vos contrats de prévoyance et de complémentaire santé calculent leurs prestations lorsque votre rémunération baisse.

Comme tout courtier, A3S Courtage représente ses clients et non une compagnie d’assurance (qu’est-ce qu’un courtier en assurance ?). Lorsqu’un client souhaite une étude de son dossier, le montant des honoraires est convenu d’un commun accord et validé par une lettre de mission (nos agréments).

Questions fréquentes sur la retraite progressive des fonctionnaires

Les questions ci-dessous reprennent celles que les agents publics posent régulièrement sur Google avant de demander une retraite progressive. Chaque réponse est courte et renvoie au texte ou à la caisse de retraite qui fixe la règle, pour que vous puissiez la vérifier à la source.

Dès 60 ans. Depuis le 1er septembre 2025, cet âge s’applique à toutes les générations et à toutes les catégories, sédentaires, actives ou super-actives (décret n° 2025-681, décret n° 2025-680, FAQ DGAFP).

Vous percevez votre rémunération à temps partiel et une fraction de votre pension égale à la quotité non travaillée : 40 % de la pension pour un temps partiel à 60 %, 20 % pour un temps partiel à 80 % (Service-Public). En 2025, la moitié des nouvelles pensions partielles des fonctionnaires civils de l’État étaient inférieures à 562 € bruts par mois (SRE).

Il ne se prononce pas sur la retraite progressive elle-même. Il peut en revanche refuser le temps partiel sur autorisation, ce qui empêche d’accéder au dispositif (FAQ DGAFP). Ce refus doit être précédé d’un entretien et motivé (Service-Public).

Les militaires, les agents à temps partiel thérapeutique, ceux qui exercent une autre activité professionnelle et ceux qui ne réunissent pas 150 trimestres (FAQ DGAFP, Service-Public).

Le revenu total dépend de votre quotité, de votre rémunération, primes comprises, réduite selon les règles du temps partiel, et du montant de votre pension. Le simulateur M@rel d’info-retraite.fr estime la pension partielle selon la quotité choisie (SRE). À la retraite définitive, la pension ne peut pas être inférieure à la pension provisoire (Service-Public). Sans surcotisation, la période compte au prorata dans la durée de services (FAQ CNRACL).

Oui. Il faut 150 trimestres, pas la durée requise pour le taux plein. Si cette durée n’est pas atteinte à la date d’effet, la décote s’applique à la pension partielle (FAQ CNRACL). Les périodes travaillées pendant la retraite progressive comptent ensuite pour la surcote (FAQ DGAFP).

Les trimestres comptent comme du temps plein dans la durée d’assurance et au prorata dans la durée de services, sauf surcotisation dans la limite de quatre trimestres. La pension est calculée sur l’indice détenu depuis au moins six mois et ne peut pas être inférieure à la pension provisoire (Service-Public, SRE, FAQ DGAFP).

Oui, selon les règles du régime général : 60 ans, 150 trimestres et une durée de travail comprise entre 40 % et 80 % d’un temps complet (Service-Public). Les modalités de temps partiel restent celles de la fonction publique (Service-Public).

En résumé

La retraite progressive des fonctionnaires est ouverte dès 60 ans dans les trois versants, à condition de réunir 150 trimestres et de travailler à temps partiel, entre 50 % et 90 %, à titre exclusif. La pension partielle correspond à la quotité non travaillée, et la retraite définitive tient compte de la période. Les deux décisions à préparer sont la demande de temps partiel, que l’employeur peut refuser, et le dépôt du dossier au moins six mois avant la date d’effet. Retrouvez nos autres contenus dans la rubrique Préparer ma retraite.

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