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PER : le rayon de soleil de l’assurance en 2020

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L’encours sur les plans épargne retraite a dépassé 13 Md€ selon la FFA, et les intentions de souscription sont encourageantes, d’après un sondage du Cercle des Epargnants.

Seize mois après leur lancement, les Plans d’épargne retraite (PER) ont trouvé leur public. A fin janvier 2021, selon la Fédération française de l’assurance (FFA), ils rassemblent 1,24 million d’assurés pour 13,4 milliards d’euros d’encours. Pour le ministre de l’Economie qui s’exprimait lors de la présentation des prêts participatifs soutenus par l’Etat le 4 mars, « c’est un immense succès ». Autre bonne nouvelle pour les assureurs, la moitié est investie sur des supports en unités de compte (UC).

Les transferts d’anciens produits largement majoritaires

Au 31 décembre 2020, la FFA décomptait 781 500 PER, tous types confondus, souscrits chez les sociétés relevant du Code des Assurances. Les cotisations se sont élevées, sur ce même périmètre en 2020, à 3,26 Md€, tandis que le montant des transferts entrants a atteint 6,8 Md€. Plus de deux tiers des flux correspondent donc à des transformations d’anciens plans.

Du fait des encours présents sur les contrats déjà constitués, et compte tenu de l’importance des transformations d’anciens contrats (PERP, Madelin, article 83) en PER, les montants transférés excèdent les cotisations quel que soit le type de PER. Mais le poids des transferts est encore plus prépondérant dans le cas des PER obligatoires (PERO, successeur des articles 83), pour lesquels le nombre de nouveaux contrats est plus de deux fois inférieur au nombre de transferts de contrats.

Les chiffres du PER, au 31/12/2020 (périmètre FFA)

PERINPERO
Cotisations 20208,86 Md€1,2 Md€
dont transferts65,8%79,9%
Nb de contrats en cours7741007500
Nb d’assurés774100243200
Encours9,51 Md€1,23 Md€

Sur l’ensemble du marché, la Direction générale du Trésor estimait, à fin octobre 2020, l’encours des PERIN à 5,5 Md€ (455 000 assurés), celui des PERO à 900 M€ (167 000 assurés), et celui des PERECOL à 5,6 Md€ (648 000 assurés), soit un total de 12 Md€ d’encours.

Du retard à rattraper dans les entreprises

« C’est assez décevant, nous pensions qu’il y aurait davantage de souscriptions de la part des entreprises. La crise a pesé, à la fois sur les entreprises et les salariés. Les représentants du personnel n’ont pas été pressés de négocier ces accords, ils avaient d’autres préoccupations », commente Didier Clareboudt, directeur épargne retraite chez Verspieren, qui se montre toutefois confiant. « La retraite va devenir un axe important de la boîte à outils des DRH, comme le fut la santé dans les années 80. A l’époque il s’agissait de régimes élitistes réservés aux cadres, aujourd’hui c’est devenu obligatoire pour tout le monde, et la Sécurité Sociale s’est désengagée au profit des assureurs. Le même phénomène va s’enclencher en ce qui concerne la retraite. »

Selon lui, les transformations des articles 83 en PERO sont plus motivées par la possibilité de sortie en capital que par l’allégement du forfait social. « Les DRH n’ont pas confiance dans la pérennité du taux, et cela ne change pas significativement le prix de revient de l’opération, sauf pour les entreprises du CAC 40 avec d’énormes plans », analyse Didier Clareboudt.

Un Français sur dix sait ce qu’est le PER

Selon le baromètre 2021 du Cercle des Epargnants, reposant sur un sondage de 1000 personnes réalisé en janvier par Ipsos, le PER est devenu le produit d’épargne retraite préféré des Français (32%, +7 points), reléguant l’assurance-vie à la deuxième place (28%). Presque un Français sur deux déclare en avoir entendu parler, mais seule une personne sur dix affirme le connaître assez bien. La sortie anticipée en capital en cas de force majeure est la caractéristique qui intéresse le plus les épargnants, qui privilégieraient à 48% une sortie mixte (partiellement en capital et en rente) au moment de la retraite.

D’après ce sondage, 12% des Français détiendraient déjà un PER (contre 38% une assurance-vie), et 11% sont intéressés par une souscription. 18% des Français qui détiennent un PERP, un contrat Madelin ou un PERCO déclarent réfléchir actuellement à le transformer en PER. Il semble que les banques se soient emparées du sujet, puisque d’après l’enquête, un Français sur six s’est déjà vu proposer la souscription d’un PER, la plupart du temps par son banquier (55%).

Néanmoins, la bancassurance a fort à faire avec la concurrence des compagnies. Swiss Life, par exemple, a enregistré un joli succès sur le PER. La retraite a tiré la croissance de l’activité épargne de la compagnie, qui compte plus de 150 000 PERIN en portefeuille pour un encours de 3,8 Md€.

Source : https://www.argusdelassurance.com/epargne/retraite/per-le-rayon-de-soleil-de-l-assurance-en-2020.179049